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LA DANSE DES LUNES

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3'40 temps de lecture

Je me permets de parler d'un sujet qui, dans le grand théâtre de la vie, reste souvent dans les coulisses : la danse des lunes. 🙏🏻

C'est une mélodie secrète, un rythme qui fait vibrer le corps des femmes, et qui pourtant dérange, gêne, comme un murmure trop fort dans un silence feutré.

Et pourtant, c'est de cette ombre que jaillit la lumière. C'est de ce cycle mystérieux que naît la vie, que la terre s'ensemence et que l'humanité se perpétue. 

Mais avant que la lumière ne s'épanouisse, il y a des nuits. Des nuits où le corps s'assombrit, où la fatigue pèse comme un voile, où les émotions sont des marées qui montent et s'écrasent avec une force inouïe. 

Ces douleurs, ces tempêtes intérieures, sont là, bien réelles, mais demeurent trop souvent silencieuses.

Je fais partie de ces femmes dont le ciel n'est serein que quelques jours par mois. 

Mon corps est une horloge où chaque rouage est sensible. 

Il y a un avant-lune, où la terre se prépare au grand chambardement, un pendant-lune, où la douleur devient l'unique gouvernail, puis un après, où le corps, épuisé, reprend espoir, se préparant déjà à la promesse de la vie.

Ce sont des souffrances silencieuses, enfouies par pudeur, par habitude, peut-être même par un héritage de croyances anciennes. 

Des douleurs si intenses qu'elles peuvent ressembler à l'enfantement lui-même, à des vagues qui se resserrent et menacent d'emporter tout sur leur passage. 

Des vertiges, des nausées qui nous clouent au sol, nous empêchant de prendre notre envol.

Je vis cette danse depuis l'aube de mes 11 ans. 

J'ai souffert, j'ai subi et j'ai continué d'avancer. 

Pliée en deux par la douleur, je me suis toujours tue, j'ai gardé le cap. 

Je me souviens d'une journée, sombre, où je me suis retrouvée devant un médecin. Il a cru que mon corps était sur le point d'accueillir la vie, tant mes vagues de douleur étaient puissantes. 

Mes larmes ont coulé, non pas de douleur(j'en avais déjà l'habitude) ni de joie, mais de désespoir. 

Car j'ai espéré un instant,cela faisait trois ans...j'y ai cru... l'espace d'un instant, un espoir m'a cruellement été arraché...

Mon corps me trahissait, pas de lumière, seulement les ombres de mes lunes qui se réveillaient, encore et encore. Une piqûre pour calmer la tempête, un court arrêt pour permettre au ciel de s'éclaircir.

Vingt ans ont passé depuis cet épisode. 

Aujourd'hui encore, il me suffit d'un rien pour que la lumière vacille et que les larmes afflues..

Mon propre accouchement m'a paru comme une lune plus intense encore, comme si mon corps ne connaissait que cette manière de donner la vie.

Je sais que je ne suis pas seule à naviguer dans ces eaux agitées. 

Nous sommes si nombreuses. Je pense à toutes celles dont les douleurs sont encore plus profondes, à celles qui luttent contre l'endométriose, cette nuit sans fin. 

Je ne peux que m'incliner devant votre force.

Aujourd'hui, j'avais envie d'allumer une bougie. 

De ne plus me taire et d'éclairer cette danse, cette part de nous qui reste dans l'ombre. 

Car c'est un sujet qui mérite d'être mis en lumière.

 

Libre et vous ?

Si ces mots résonnent en vous et que vous sentez l’élan d’aller plus loin, je vous accompagne avec présence, écoute et bienveillance.

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